Radio Chine Internationale

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Un projet d’espoir sans frontières

(Radio Chine Internationale, 18/3/2004)

 

Un journal intime émouvant a changé le sort d’un groupe d’enfants qui avaient dû interrompre leurs études à cause de leur pauvreté. Des liens se créent par-delà les frontières sur fond de conte de fées moderne. L’amour et l’espoir n’ont pas de frontières.


"Notre bateau vogue sur la Seine, je vois des monuments historiques, comme Notre Dame de Paris, la Tour Eiffel, le Louvre ? " En mars, la jeune chinoise Ma Yan et l’auteur de la préface du « Journal de Ma Yan », le correspondant à Beijing de « Libération », Pierre Haski étaient les invités du Salon du livre au cours des « années croisées culturelles sino-françaises ». Pour son premier voyage hors de la Chine, Ma Yan a écrit ses impressions sur la France. De nombreux lecteurs connaissent déjà cette jeune chinoise grâce à son livre à succès « le Journal de Ma Yan » publié en octobre 2002. Ma Yan habite dans un petit village qui s’appelle « Zhang Jiashu » dans le district de Yuwang de la région Xi Hai Gu, au sud du Ningxia, dans le Nord-Ouest de la Chine. En juin 1936, le journaliste américain Edgar Snow, a quitté Beijing pour se rendre dans ce district après un long et difficile voyage qu’il a décrit dans son livre « Les étoiles rouges sur la Chine » : « Après des heures passées à marcher ou à cheval dans les montagnes et les plaines entre le Gansu et le Ningxia, j’arrivais enfin dans le district Yuwang ( ?)dans une ville de l’ethnie Hui au sud-est du Ningxia. » Aujourd’hui, des dizaines d’années se sont passées. Le temps n’a balayé ni la pauvreté ni la sécheresse du village. La scolarité des enfants dépend des revenus de leurs parents paysans, le plus souvent insuffisants à cause de ces mauvaises conditions climatiques. Ma Yan a également conu cette situation. Par deux fois, elle a dû interrompre ses études alors qu’elle était en 5ème année à l’école primaire. 2 mai 2000
"Nous avons une semaine de vacances. Maman me prend à part : « Mon enfant, j’ai une chose à te dire ?Je crains que ce ne soit la dernière fois que tu ailles à l’école. » Cette année, je n’ai plus d’argent pour aller à l’école. ? Quand je repense aux rires de l’école, j’ai l’impression d’y être encore . Comme je désire étudier ! Mais ma famille n’a pas d’argent. Je veux étudier, Maman, je ne veux pas rentrer à la maison. Comme ce serait magnifique si je pouvais rester éternellement à l’école. "
En mai 2001, le correspondant à Beijing de « Libération », Pierre Haski devait se rendre pour la première fois dans le village Zhang Jiashu pour s’entretenir avec Wang Zheng, un photographe du Ningxia. Avant son départ, la mère de Ma Yan a remis au journaliste français, le journal de Ma Yan. Un vrai conte de fées moderne. Ce n’est pas seulement le destin d’une personne qui a été bouleversé : « En fait, ca a été un pur hasard. Je me trouvais dans le Ningxia, une province du nord-ouest de la Chine et je faisais un reportage sur tout à fait autre chose. J’étais dans un village très pauvre dans le sud de la région qui souffre de la sécheresse, et donc les paysans connaissent de grosses difficultés toute l’année. Et cette femme s’est précipitée vers nous et elle nous a remis une lettre et 3 carnets. On a compris plus tard en traduisant que c’était écrit par sa fille qui n’avait que 14 ans à l’époque, la mère venait d’annoncer qu’elle ne pouvait plus aller à l’école, parce que la famille n’avait plus d’argent à cause des mauvaises récoltes. Mais la fille n’acceptait pas cette décision, elle avait écrit une lettre qui m’avait beaucoup ému, qui disait à sa mère ?Aujourd’hui, on ne peut pas vivre sans étudier. Même un paysan a besoin de connaissances pour cultiver sa terre, sinon il n’obtient pas de récoltes. ?Quand j’ai lu ces textes, j’ai décidé de retourner là-bas et de rencontrer Ma Yan. » Pierre Haski est un journaliste expérimenté qui a 30 ans de métier. Il a travaillé en Afrique, en Europe et en Asie. Il aurait pu être blasé à force de voir les conditions de vie difficiles de beaucoup de régions et pourtant, les mots naturels de cette petite fille, son histoire simple et extraordinaire en même temps, et sa foi éternelle dans le bienfait des études ont vraiment ému le journaliste. En janvier 2002, Pierre Haski a publié dans le journal français « Libération » l’article intitulé « Je veux aller à l’école » où il y a décrit en détail le parcours semé d’embûches que Ma Yan a dû endurer pour pouvoir aller à l’école. Cet article a alors jeté un vrai pavé dans la mare. Un professeur d’histoire-géographie Emmanuelle Polack nous a d’ailleurs confié : « J’ai lu l’article de Pierre Haski en janvier 2002 quand il est sorti. J’enseigne l’histoire-géographie, je l’ai lu à mes élèves qui étaient en 6ème dans un cours d’éducation civique. Les élèves français se sont alors mobilisés pour que Ma Yan puisse retourner à l’école. Et depuis, il y a une amitié qui s’est instaurée entre ces deux mondes qui ne devaient pas se rencontrer, qui est née grâce à cet article qui était très fort et tout à fait émouvant. Les élèves ont travaillé beaucoup sur la Chine, les poésies chinoises, les cartes de Chine pour bien montrer où était la province du Ningxia, et le village de Ma Yan. » Les lecteurs français ont été profondément touchés par le naturel et l’esprit de cette petite Chinoise. Ils ont donc souhaité l’aider financièrement. Ce reportage a aussi attiré l’attention de la maison d’édition Ramsay, la responsable Françoise SAMON a décidé de publier tout le journal de Ma Yan : « J’ai lu un jour la double page que Pierre Haski consacrait dans le journal « Libération », l’histoire m’intéressait. Ce n’est pas écrit envue de publication, donc il est écrit d’une manière spontanée, qui peut être le reflet d’une histoire personnelle. » « Le livre « le journal de Ma Yan » est sorti en octobre 2002 et il a été tout de suite apprécié. Il est devenu l’un des livres les plus vendus en France en 2002. Beaucoup d’élèves ont écrit directement à Ma Yan et lui ont exprimé leurs pensées par lettres, peintures et poèmes : « Je trouve que cette histoire est fantastique. Son journal intime, c’est comme si elle parlait à quelqu’un. Ca nous montre que nous avons beaucoup de chance d’avoir l’école et plein de stylos, mais on ne s’en rend pas compte. Elle est vraiment courageuse, Ma Yan. Magdalena » « Alors j’encourage tout le monde à l’aider car elle est vraiment courageuse. Léa » « Salut ! Je m’appelle Romain, je suis content d’avoir lu ton livre ? » Parlant de la publication du journal de Ma Yan, Pierre Haski en a sa propre idée : « La force de ce journal est qu’il raconte à la fois quelques choses de commun de tous les enfants du monde, la vie d’une école. Il y a en même temps les difficultés qu’on peut rencontrer d’un enfant d’un région difficile, le sacrifice de ses parents pour l’envoyer à l’école, et surtout l’espoir que l’éducation lui permet de sortir de la misère. » Grâce à une partie des recettes du livre et l’aide des lecteurs, Ma Yan a pu retourner à l’école et a été ainsi la première adolescente de sa ville à aller au lycée. Elle nous a confié ce qui avait changé dans sa vie : « Avant, mes parents étaient obligés de travailler en extérieur pendant toute l’année. Je restais à la maison avec mes deux frères cadets. Quand nous avons reçu de l’argent, mes parents n’ont plus eu besoin de travailler dehors tous les jours. Nous pouvions manger les repas cuisinés par nos parents les week-end et aller à l’école sans problèmes. » La petite fille du conte de fée a alors rencontré le bienfaiteur. Il a trouvé la bouteille jetée à la mer et dedans, un journal. Un coup de pouce du destin qui a radicalement changé la vie de la petite fille. Depuis, le bienfaiteur et la petite fille sont liés par un sentiment très profond.
Mardi 9 octobre 2001. Il fait beau. "Chers amis, je pense beaucoup à vous ! Cet après-midi, au moment où j’écrivais ces quelques mots en anglais devant la porte de la classe, je me suis rappelée de notre première rencontre. ? Qu’est-ce que cela signifie ? Ca veut dire que moi, Ma Yan, je pense à vous, et que je ne vous oublierai jamais. "
Et le journaliste français a aidé et traité Ma Yan comme sa propre fille . Pierre Haski a décidé d’utiliser une partie des droits d’auteur de la préface du livre pour aider les enfants du Ningxia qui ont été obligés d’arrêter leurs études. Selon la loi française, il faut créer une association pour pouvoir faire des dons. C’est ainsi qu’en septembre 2002, l’association « Enfants du Ningxia » s’est créée à Paris. Les différentes couches sociales françaises et les enfants pauvres de Yuwang du Ningxia sont désormais liés par l’association. Ensemble, ils démontrent que l’entraide n’a pas de frontières. Les membres de l’association viennent de tous les horizons : ce sont des étudiants, des retraités ou des journalistes. Ils donnent ce qu’ils peuvent aux enfants du Ningxia en fonction de leurs revenus. L’une des mères, membre de l’association nous a d’ailleurs dit « J’ai une fille qui fait des études à l’école de Saint-Victor. Elle et ses camarades parlent souvent de Ma Yan. Les enfants ont donc voulu passer par l’association du Ningxia pour aider Ma Yan ». Simple association caritative destinée aux enfants obligés d’arrêter leurs études d’abord, elle est devenue un véritable relais entre les habitants du Ningxia et la France, voire l’Europe, et s’implique désormais dans la lutte contre la pauvreté de l’ensemble de la province du Ningxia. La responsable de l’association nous a d’ailleurs expliqué : « Nous sommes un petit groupe. Pierre Haski dirige l’association à Beijng, aidé de Yanping, son assistante qui fait un travail exceptionnel, qui lit les lettres et nous contacte. A Paris, nous sommes un petit groupe de bénévoles, on a maintenant un site internet qui s’appelle "enfantsduningxia.org". On essaie maximum d’aider les gens de cette région, par exemple dans le collège du Ma Yan créer une salle d’informatique avec quelques ordinateurs. » Les enfants qui ont été aidés, souhaitent que plus d’enfants puissent recevoir un peu d’espoir à leur tour.
26 février 2003 "Je suis une élève ordinaire. J’ai reçu des aides de certains amis. Aujourd’hui, je veux aussi offrir un peu d’amour pour que plus d’enfants pauvres entrent dans l’océan des connaissances, l’école. Pour qu’ils réalisent petit à petit leurs rêves. Pour qu’ils puissent construire un avenir meilleur à notre patrie, à notre pays natal. Si chacun donne un peu d’amour, le monde sera meilleur. Je veux donner 25% de tous mes droits du livre Journal de Ma Yan à l’association française Les Enfants du Ningxia. Ma Yan"
En mars 2004, les livres chinois envahissent Paris au cours du Salon du livre spécial « années croisées culturelles sino-françaises ». Les gens qui se sont connus grâce au livre « le Journal de Ma Yan » se sont réunis ce jour-là pour accueillir une personnalité de la grande famille de l’Association des Enfants du Ningxia : Ma Yan elle même. Les élèves du collège de l’ORT de Villiers le Bel, en région parisienne, s’étaient cotisés il y a deux ans et avaient envoyé 100 euros pour aider Ma Yan. Deux ans après, les classes concernées ont été reconstituées, les enfants ont travaillé d’arrache pied pour réserver un accueil chaleureux à cette jeune Chinoise pour laquelle ils s’étaient mobilisés. Ils ont rédigé des poèmes, des chansons traduits en chinois, des cartes stylisées de la Chine, des affiches appelant à la solidarité, et lui ont fait passer un message magnifique « Ma Yan, nous ne t’oublierons jamais » qui lui est allé droit au coeur. Quand les enfants français chantaient de tout leur coeur, dans les yeux des parents brillaient des larmes de joie. On chantait : « dans n’importe quel hémisphère de la Terre que tu sois, nos coeurs sont liés ensemble. Tes douleurs sont nôtres, surmontons ensemble toutes les difficultés. »
L’Ecole Saint-Victor a organisé une sortie pour que les élèves puissent rencontrer Ma Yan. Mayan et les enfants français sont presque de vieux amis maintenant. Ils se soutiennent mutuellement pour affronter l’avenir en confiance par la communication. Le directeur de l’école Jean Patrick MANARANCHE nous a expliqué avec enthousiasme : « Il y a une maman d’élève qui fait partie de l’Association des Enfants du Ningxia qui m’a fait découvrir le journal de Ma Yan. On a fait découvrir aux élèves qui ont eu envie de mener une action au profit de l’association. On était extrêmement surpris de découvrir la condition de vie des enfants de ce région de la Chine. On est satisfait de cette rencontre avec Ma Yan, mais c’est trop court, on veut lui parler personnellement plus longuement, mais en même temps, je crois que les enfants sont absolument ravis d’avoir eu cette rencontre avec elle. »
L’adolescente perdue, sans avenir, rencontrée il y a 3 ans, a fait place à une Ma Yan devenue optimiste et rayonnante qui débarque pour la première fois à Paris. Elle respire l’air d’un pays étranger et découvre que le monde est si vaste. Pierre Haski nous a parlé des impressions de Ma Yan : « Le voyage en France est formidable pour elle. D’abord, elle découvert le monde extérieur. Ca l’aide à comprendre beaucoup de choses sur la manière dont le monde fonctionne. »
Les Editions Ramsay étaient elles aussi présentes au Salon du livre et en ont profité pour présenter la suite du Journal, « Ma Yan et ses soeurs ». Pierre Haski y a présenté les histoires émouvantes de filles pauvres de la province du Ningxia, qui ont elles aussi été financées comme Wei Xiaoqian qui a souhaité faire part de sa gratitude dans une lettre envoyée à Pierre Haski : « Je suis très émue que vous m’aidiez, et d’avoir obtenu votre aide et votre attention. C’est seulement grâce à cela que j’ai pu gagner honneurs et réussite à l’école. Cela, je ne pourrai jamais l’oublier. » C’est avec le même enthousiasme que Ma Liya, une collégienne boursière de Yawang, a écrit au couple italien qui finance sa scolarité : « Je ne sais pas comment vous remercier. Je vous promets que j’utiliserai cette chance pour bien étudier, progresser, et quitter un jour cette montagne pour rejoindre le monde. C’est mon rêve d’enfance. Bienvenue dans mon rêve et merci de faire de mon rêve une réalité. » Pour Ma Yan et les enfants de sa province d’origine qui l’ont accompagnée, c’est un véritable conte de fées. Pour Pierre Haski, ce conte et les personnages du conte sont les plus beaux cadeaux qu’il n’ait jamais reçus : « J’ai l’impression d’avoir reçu un magnifique cadeau. Parce que c’est rare dans la vie d’un homme de pouvoir rendre quelque chose. On reçoit beaucoup dans la vie. En tant que journaliste, on prend beaucoup. Pour la première fois, je me suis senti dans une position où je pouvais rendre à ces gens qui m’avaient donné. » Le voyage en France de Ma Yan est déjà fini, mais je crois que son journal ne s’arrêtera pas. L’amitié des enfants de ces deux pays va continuer, et l’histoire de ce projet d’espérance sans frontière restera éternellement dans le coeur de tout le monde. Quand elle a appris que les auditeurs français pouvaient entendre l’émission, Ma Yan a souhaité exprimer ses plus sincères pensées à tous ceux qui les ont aidés, elle et les enfants du Ningxia sur notre radio. C’est sur la voix de Ma Yan que notre émission s’achève. Et puis, la fête internationale des enfants qui se déroulera le premier juin approche. Nous souhaitons donc à tous les enfants de passer une « bonne fête ». Nous espérons que mille fleurs et mille sourires s’épanouissent au plus profond du coeur des enfants et qu’ils aient une très jolie vie ! « Dans n’importe quel hémisphère de la Terre que tu sois, nos coeurs sont liés ensemble. Ils m’ont aidée au moment où j’étais au plus bas. Mais le plus important, c’est que mon histoire a permis à plus d’enfants d’aller à l’école. Au nom de tous les enfants qui ont reçu des aides et de moi-même, je remercie les bienfaiteurs. Nous allons bien étudier et nous ferons tout notre possible pour ne pas décevoir leurs attentes. »

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