A LA DECOUVERTE DU NINGXIA : UN ECHANGE INOUBLIABLE

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Ma Yan habitait dans le village de Zhang Jia Shu au Ningxia, province pauvre et isolée du nord de la Chine. Sa famille ne pouvait malheureusement plus subvenir à ses frais de scolarité mais Ma Yan voulait à tout prix étudier. Cette jeune chinoise a écrit toute sa révolte ainsi que les difficultés quotidiennes qu’elle vivait sur un cahier.

Ce journal intime a été donné à un journaliste, Pierre Haski, par la mère de Ma Yan lors d’un moment de détresse. Fortement ému par la situation de la jeune fille, il décida de faire connaître son histoire au monde entier. Ce merveilleux conte de fée donna naissance à une association, “Les Enfants du Ningxia”. A présent, Ma Yan poursuit des études et des centaines d’enfants de sa région peuvent continuer à aller à l’école ou au collège. Grâce à l’association, leurs conditions de vie et d’enseignement s’améliorent chaque jour.

Le lycée Victor Segalen de Hong Kong participe depuis bientôt 3 ans au projet de cette association. Tout au long de l'année, l’ensemble du lycée organise des événements afin de collecter un maximum de fonds. Un bel élan de solidarité et d’enthousiasme.   

Le plateau du loess au centre du Ningxia

Une quinzaine de lycéens se rendent ensuite dans cette province du Ningxia pour venir en aide aux enfants. En ce mois d’avril 2006, j’ai eu la fabuleuse opportunité de participer a ce voyage. Un voyage de découverte, de solidarité et de partage plus qu’inoubliable.

Le Ningxia est connu pour ses vastes étendues naturelles et son mode de vie rural. Les longs trajets de bus nous ont permis d’apprécier la diversité du paysage. Les champs laissaient progressivement place au désert aride.  A quelques heures d’avion, la vie est bien différente. Le contraste entre Hong Kong, ville dynamique et florissante, et cette province isolée était flagrant. Ainsi, nous avons pu toucher du doigt les problèmes de développement de cette région défavorisée.

Les enfants du village de Ma Yan.

Peu importe où nous allions, l’accueil chaleureux, un sourire, étaient au bout du chemin. Les enfants nous scrutaient, nous touchaient, comme si nous venions d’un autre monde. Des marées d’enfants nous demandaient des autographes comme pour immortaliser notre passage et garder un peu de nous après notre départ. Leur envie et surtout leur besoin de communiquer était émouvant. Il était évident que notre arrivée avait été longuement attendue.

Lors de chaque cérémonie de bienvenue, de nombreux enfants avaient préparé des sketches, des danses, des poèmes, des chansons. En un mot, ils nous offraient tout ce qui était a portée de leurs mains.

Petits et grands, tous s’étaient organisés pour nous présenter un spectacle. Quel sentiment sublime que celui de découvrir des talents au milieu de nulle part! Ni timidité, ni frayeur, chacun a pu exceller dans son art et nous offrir une part de lui-même en se démarquant des autres.

A Zhang Jia Shu, nous nous sommes répartis en petits groupes, et avons été accueillis par des familles qui nous ont invités à déjeuner. Nous avons partage leur univers rudimentaire : une famille entière, une pièce, un lit, une table.

Les paysans nous ont aussi sensibilisé à leurs préoccupations quotidiennes : la sécheresse, la santé, l'éducation. Pour nous, des trésors basiques mais au combien précieux aux yeux d’un petit Chinois.  

Malgré notre frustration de ne pouvoir mieux nous exprimer en chinois, nous avons vite trouve des moyens de communication universels. Nos parties de basket et de cartes, nos petites leçons de français, nos mini-chorales de variété française, notre footing à 6h du matin resteront autant de moments forts d’amitié et de fraternité.

Un public intrigué nous observe

Une route est tracée, un lien s’est créé. Même si les enfants sont fiers de vivre au Ningxia, ils savent aujourd’hui qu’il y a autre chose derrière la frontière. Un monde meilleur ? En tout cas, nous sommes pour eux la lueur d’espoir, un lien entre leur vie isolée et notre monde moderne. Nous garderons longtemps en mémoire l’image de cette jeune fille nous remettant une lettre en pleurant et nous serrant dans ses bras, comme si le conte devait recommencer…

…recommencer? Il ne fait que continuer. Cette année, notre projet a permis de remplir la bibliothèque du collège de Yuwang, de fournir des vêtements aux enfants les plus démunis, d’approvisionner le village natal de Ma Yan en médicaments et d’apporter du matériel scolaire et récréatif.

Pour témoigner de leur reconnaissance, les élèves nous ont offert des cadeaux, des dessins, des lettres. En apportant la joie et un peu d’agrément, nous étions tous simplement heureux. Un sentiment de bonheur d’autant plus simple qu’il était partagé!
 
Un accueil chaleureux dans le lycée de Ma Yan.

Au cours de nos visites de différents collèges, nous avons eu la chance de rencontrer Ma Yan et de lier contact avec  lycéens chinois. L’univers d’un étudiant chinois est la aussi bien différent du notre : confort rudimentaire des dortoirs, promiscuité, manque d’hygiène.

Face a cette vie rustique, ces enfants recherchent un moyen de s’évader et d’apporter un peu de fantaisie a leur quotidien. Tous rêvent de métiers extraordinaires tels que chanteuse, artiste peintre, danseuse, responsable de projets humanitaires…

Sourire, joie, adieu, larmes…C’est déjà l’heure du départ!

Remplis d’émotion, nous quittons le Ningxia avec ce sentiment profond d’avoir vécu une expérience extraordinaire, une aventure hors du commun et de purs moments d’amitié. Ce voyage aura permis au groupe de lycéens français d’être plus soudés et de découvrir une face cachée de leurs professeurs-accompagnateurs.

Tous ces moments simples, qui nous laissent parfois désemparés, tant ils sont inoubliables.

Cet échange est scellé dans nos esprits et marquera de façon durable et positive nos vies d’étudiants respectifs. Découverte d’une contrée, nous sommes aussi partis à la découverte de l’Autre.

Manuela Delepine

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