Lettre 10 ( Septembre 2002)

Publié le par basile minet

Bonjour à tous, La rentrée scolaire a eu lieu en Chine aussi, et nous avons procédé au règlement des bourses aux enfants déjà aidés au précédent semestre, auxquels s’ajoutent ceux que nous avions sélectionnés lors de notre déplacement sur place en juillet, avec Michèle Fitoussi. Nous avons déjà reçu des lettres de remerciement de plusieurs familles, dont l’une, très touchante, d’un père, que nous avons traduite ci-dessous. Au total, 28 enfants bénéficient donc de ces bourses, auxquels s’ajoute bien sûr Ma Yan dont la bourse est désormais prélevée sur la somme déjà versée par l’éditeur du livre à paraître prochainement. Les enfants se répartissent ainsi : une en formation professionnelle, 15 (dont Ma Yan) au collège de Yuwang, et 13 à l’école primaire de Zhang Jia Shu. Et, à deux exceptions près, il s’agit de filles. Cette aide s’élève à l’équivalent de près de 1.500 euros, une augmentation nette par rapport à la somme précédemment déboursée, en raison du plus grand nombre de collégiens (rappelons que nous payons 500 yuans par semestre, soit environ 60 euros, par collégien, et 200 yuans, soit 25 euros, pour le primaire) et de l’aide de 2.000 yuans ou 250 euros que nous apportons à l’élève en formation technique, Wei Yonge, une jeune fille malade dont les lettres nous avaient émus et à qui nous avons rendu visite avec Michèle Fitoussi. Cette fille très courageuse et issue d’une famille extrêmement pauvre a été admise dans une école spécialisée à Urumqi, la capitale du Xinjiang voisin, même si son état de santé reste précaire. Il nous reste en banque, après versement de ces bourses, un peu plus de 1.500 euros, soit de quoi assurer sans problème le versement du deuxième semestre aux mêmes élèves. Mais il nous semble plus sage, à ce stade, de ne pas prendre de nouveaux boursiers malgré les demandes pressantes que nous continuons à recevoir du Ningxia. Nous pourrons peut-être réviser cette situation après la parution du « Journal de Ma Yan » et des articles qui l’accompagneront, et qui pourraient susciter d’autres bonnes volontés. Le livre sort en principe le 4 octobre aux éditions Ramsay. Je serai à Paris à ce moment là, et nous pourrions organiser une Assemblée générale constitutive de l’Association « Enfants du Ningxia » dont les statuts ont été déposés cet été. Je vous propose le samedi 6 octobre à l’heure du déjeûner ou en début d’après midi, et j’espère que vous pourrez venir nombreux, à la fois pour faire connaissance (j’ai déjà rencontré certains d’entre vous en juin) et discuter un peu de cette action entamée de manière empirique, et qui s’est bien développée. Cette date vous convient elle, et à quelle heure ? Parmi les événements qui entourent la sortie du livre, à signaler la parution, en principe, du reportage de Michèle Fitoussi dans le magazine Elle daté du 29 septembre, un reportage dans le village de Ma Yan par Philippe Rochot dans le journal de France 2 la première semaine d’octobre, et une conférence que je donnerai à la Maison de la Chine, place St Sulpice à Paris, le 4 octobre à 18h30. Amitiés. Pierre Haski Pékin, le 16 septembre 2002 Lettre de M. Ma Zhiji, père de Ma Xiaomer et Ma Guorong, élèves de 1ere année au collège) « Bonjour, Je vous remercie de votre aide afin que mes deux enfants puissent retourner à l’école. Vous vous êtes donnés du mal, vous avez traversé les montagnes, les rivières, pour venir dans notre région aride, pour résoudre notre difficulté, alléger nos charges. “L’homme ne vit qu’une seule vie, l’herbe ne vit qu’un printemps”. Cette grâce, nous ne pourrons jamais oublier. Sans vos aides, mes deux enfants seraient comme moi, ne pourraient jamais quitter la campagne ni réaliser leurs rêves. Le 9 juillet, c’etait la moisson des récoltes d’été. Il y avait beaucoup de travail aux champs, nous avons raté l’occasion de vous rencontrer. Le soir, j’ai appris que vous étiez partis, les deux enfants ne voulaient ni parler, ni manger. En les voyant dans cet état, moi, leur père, si malade, je ne pouvais m’empêcher d’avoir des larmes aux yeux. Je ne peux pas accepter que mes enfants soient comme moi, ne connaissent pas l’école. J’étais donc déterminé à vous retrouver, même si je devais aller à Pékin, pour que vous me donniez une réponse satisfaisante. Ce soir-là, j’ai laissé mon fils Ma Guorong à la maison, parce qu’il ne pouvait pas marcher, et j’ai accompagné Ma Xiaomei à la commune de Yuwang, où nous vous avons finalement trouvés à l’hotel du Fleuve Jaune. Lorsque que vous avez accepté de nous aider, toute notre famille a pleuré de bonheur. Pour que mes deux enfants puissent aller à l’ecole à la rentrée, vos mille yuans sont bien arrivés le 31 août. Je vous remercie au nom de toute ma famille. Et nous espérons continuer à recevoir votre aide dans le futur. Je vous souhaite beaucoup de santé et de réussite. Le 6 septembre 2002. »

Publié dans LETTRES DU NINGXIA-

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