Lettre 2 ( Février 2002)

Publié le par basile minet

Bonjour, J’ai reçu une majorité de réponses favorables, et seulement une seule réserve, après ma proposition concernant l’aide à Ma Yan. Mon assistante a déjà écrit à Ma Yan cette semaine pour lui dire que l’article est sorti, qu’il a suscité un bel élan de solidarité parmi les lecteurs, et qu’il faut qu’elle tienne bon dans ses études car on est prêts à l’y aider. Nous pouvons peut-être démarrer sans plus attendre, et mettre en route, dans un premier temps, l’aide à Ma Yan, qui n’est pas trop compliquée à organiser. J’essaye d’ouvrir un compte bancaire à Paris dont je vous communiquerai les coordonnées dès que je les aurai. Pouvez vous, d’ores et déjà, m’indiquer par e-mail quel montant vous envisagez d’envoyer pour cette opération, si c’est un don ponctuel ou régulier, et, dans ce cas, si vous pouvez préciser, dans la mesure du possible, une durée de votre effort. Il ne s’agit pas d’engagements mais simplement de pouvoir avoir un ordre de grandeur de ce que nous pourrons envisager. Avant la fin du mois de janvier, nous devrions pouvoir adresser un premier versement à Ma Yan, par l’intermédiaire du photographe Wang Zheng qui vit au Ningxia, et poursuivre à un rythme mensuel l’envoi d’une somme à déterminer, qui lui permettra non seulement de payer sa scolarité mais de manger à sa faim, de se vêtir, bref de disposer d’un meilleur environnement pour étudier et s’en sortir un jour. Nous demanderons à Ma Yan de nous signifier par courrier qu’elle aura bien reçu l’argent, et de nous raconter un peu sa vie actuelle. Cette lettre vous sera communiquée avec traduction, tout comme les suivantes, à chaque virement. Ce sera une première garantie que l’aide lui parvient bien. Je compte me rendre dans le village de Ma Yan dès que possible en compagnie de mon assistante (à mes frais : pas question que l’argent des dons serve à autre chose qu’à aider les enfants), pour voir s’il est possible, en fonction des sommes recueillies, de mettre en place un mécanisme de bourses pour quelques autres enfants dans le même cas, comme vous semblez l’accepter, à quelques réserves près. Je vous tiendrai au courant de chaque étape de cette démarche, en espérant qu’elle restera simple, légère, et qu’elle aura un impact positif sur la vie de Ma Yan et de son village du Ningxia. Ayant été à l’origine de ce qui se passe par la publication de ce reportage dans Libération, et vivant actuellement en Chine, je me retrouve à organiser ce dispositif d’aide, ce qui n’est ni ma vocation, ni même une chose à laquelle je pensais il y a seulement une semaine ! Il va de soi que si une autre formule était possible, notamment de confier la gestion de cette aide à un organisme existante et fiable, je le ferais avec plaisir. En attendant de la trouver, ce qui peut prendre du temps, il me semble préférable de démarrer quelque chose sur la base de ce qui nous a réunis ces derniers jours. Tout ceci repose sur la confiance que vous pouvez m’accorder sans me connaître, et j’espère m’en montrer digne, tout en vous apportant le maximum de garanties de transparence dans cette entreprise. J’y associe mon assistante à Pékin, He Yan Ping, tout aussi engagée que moi dans cette affaire. J’espère sincèrement que nous pourrons faire un bout de chemin ensemble, dans l’interêt de Ma Yan. Cordialement. Pierre Haski

Publié dans LETTRES DU NINGXIA-

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